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09:49 

погордиццо

Taihem
Спасибо чудесной Catkin за правку!!!

Résumé

La réalité sociale et politique de l'homme moderne est disponible principalement par le biais des systèmes de signes: livres, atlas et encyclopédies, et de plus en plus par le biais des communications de masse. À cet égard, la politique a peu changé depuis le Moyen Age, les symboles y jouent toujours un rôle primordial. La cérémonie d'inauguration, le drapeau et les armoiries, les rubans blancs en signe de solidarité avec l'opposition, la mythologie élaborée du comportement public des hauts responsables sont les héritiers directs des anciennes traditions: la cérémonie de l'onction, l'entrée triomphale dans la ville, la guérison des malades par le roi, légendes sur l'origine divine des monarques, tous les symboles liés à la notion du pouvoir. Les symboles nationaux de l'État, formels et informels, sont une partie intégrante de la formation, la fixation et la reproduction de l'identité d'une nation, des éléments de liaison de la culture politique. En anthropologie, il existe une perception du mythe comme quelque chose de primitif, quelque chose qui doit être surmonté à l'aide de la raison. Mais aucune grande culture ne se développe sans l'influence déterminante des mythes. C'est justement l'attention à la composante mythologique et symbolique des événements qui permet de supprimer l'opposition entre le réel et l'imaginaire et de percevoir une période historique dans toute son intégralité. Par conséquent, l'étude du symbolisme politique médiéval reste actuelle à notre époque des communications de masse, nous permettant de voir une image curieuse de structures politiques.

La culture politique est une partie, un produit et un reflet de la culture tout entière, qui ne peut être comprise séparément du temps et de la mentalité de l'époque en question. Probablement, si l'on considérait l'histoire de la civilisation humaine comme un ensemble de faits purs, ignorant leur valeur et signification, elle ne semblerait pas très logique. Cependant, la politique et la société ne sont pas des mécanismes qui se reproduisent continuellement, ce sont des organismes vivants qui sont capables d'évoluer, d'interagir, de se confondre, de se joindre. L'étude des champs symboliques de l'histoire reste toujours un problème, car les preuves matérielles ne suffisent jamais pour la reconstruction des valeurs. L'activité politique, comme toute autre activité publique, a toujours été et demeure de nature symbolique: tout ce qui apparaît dans le champ de la politique est perçu par beaucoup d'agents et, par conséquent, acquiert de nombreux contextes et significations. Les symboles de la politique existeront tant que les gens qui perçoivent les faits politiques auront des différences dans l'expérience personnelle, la perception et le jugement.

La religion, bien sûr, était une partie très importante de la conception du monde, réunissant des connaissances pratiques du monde, connaissances dispersées et insuffisantes, et remplissant de nombreuses lacunes. Johan Huizinga a décrit poétiquement le son des cloches de l'église, qui "monte tout dans le cadre de l'ordre et de la clarté". Cependant, les concepts de Dieu, du christianisme et de la religion en général au Moyen Age étaient très différents de ceux d'aujourd'hui. Tous ces principes fondamentaux étaient beaucoup plus solides et matériels que les concepts abstraits de nos jours. Dieu le Père chrétien, comme le Christ, étaient au fond une nouvelle personnification des forces de la nature qui envoient des tempêtes, qui nous donnent la lumière du jour. On pouvait les amadouer, on pouvait s'entendre avec elles. Le prêtre était comme un sorcier qui peut communiquer avec des forces invisibles qui influent sur le monde matériel aussi bien que sur le monde spirituel, les objets de culte étaient dotés d'une puissance, d'une force mystérieuse qui agissait sur ce qui est le plus proche et le plus inconnu: sur le corps humain et ses maladies et douleurs. En ce qui concerne les moines et les prêtres, on peut voir un mélange de croyances fétiches et de nouvelles formes chrétiennes. Par exemple, on croyait qu'un homme qui embrassait le bout de robe d'un moine recevait l'absolution pour cinq ans: la forme est toute chrétienne, mais l'essence est fétichiste, c'est un acte de commerce pour obtenir certains avantages dans l'avenir.

La mythologie du pouvoir royal existe au Moyen Age non seulement sous la forme d'histoires et de légendes écrites mais aussi dans les pratiques et les objets, c'est-à-dire sous la forme de rituels et de symboles. Il est important de noter que le symbole ne signifie pas la réalité, il est la réalité. Le symbolisme religieux, selon Emile Durkheim, reflète "la société dans son ensemble", et des signes visibles de la présence de la divinité, de la puissance, de la justice deviennent la seule existence réelle de ces principes. Nous pouvons donc dire que non seulement le monarque du Moyen Age avait "deux corps" mais que ses sujets vivaient également dans deux réalités, sociale et symbolique, l'une n'étant pas possible sans l'autre. Comme dit Michel Pastoureau, "l'imaginaire fait toujours partie de la réalité, il est une réalité." Tout acte plus ou moins publique du roi existait comme un fait symbolique.

Malgré tous les changements qui survenaient dans la société et dans la politique, les changements d'équilibre entre la politique et la religion, le roi restait une figure légendaire, mythique. Une des raisons de cette "irréalité" forcée est que 90% de la population ne l'avait jamais vu, et le pouvoir royal, par son essence même, était un mythe, l'idée de la paix et de l'ordre qui devait etre maintenue par des moyens plus ou moins concrets: par la reproduction des symboles visuels ou par des histoires transmises de bouche à oreille.

Il est impossible d'imaginer un monarque médiéval à qui on n'attribuait pas une existence surnaturelle: il était en effet une idée pure pour la plupart de la population. Comme M. Boytzov a noté, c'est un trait distinctif du Moyen Age: la politique est l'apanage d'une couche très mince des élites sociales, à l'exception des cas assez rares d'insurrections en masse ou de mouvements religieux. Par conséquent, en l'absence de la perception physique directe de la sphère politique, ainsi que de sa compréhension rationnelle (ce qui est toujours discutable), la perception du domaine de la politique, de ses figures et de leurs relations était ancrée dans la conception symbolique du monde. Cette conception symbolique du monde etait supportée par la rationalisation plus ou moins développée, comme les arguments des théologiens sur le caractère sacré du pouvoir royal. Dans la France médiévale la présence immédiate du roi dans la vie du pays était très petite, si on la compare avec l'autorité royale du XVIII siècle. Le capital symbolique des rois du début du Moyen Age semble beaucoup plus impressionnant que n'importe quel de leurs capitaux réels: financier, militaire ou bureaucratique.
Les symboles par lesquels s'exprimait la nature sacrée du pouvoir au Moyen Age étaient pour la plupart des symboles non verbaux, des objets et des images.
Des symboles qui appartenaient officiellement au monarque, on peut énumerer les éléments suivants:
- La Cape couverte d'un motif de fleurs de lys, généralement en or sur fond bleu, rangées dans l'ordre géométrique et symbolisant ainsi l'ordre divin;
- L'anneau, symbole de la dignité royale, qui rappelle la bague portée par les évêques, symbolisant ainsi l'unité du roi et de l'Église;
- Le sceptre, attribut traditionnel de la monarchie à partir de l'époque des anciennes civilisations, symbole du pouvoir royal;
- La couronne d'or, composée d'un cercle en or massif couronné de quatre lys, sur un bonnet de velours orné de perles;
- Les éperons, symbole du pouvoir militaire, qui mettent l'accent sur la nature chevaleresque du monarque;
- L'épée symbolisant le droit et l'obligation de défendre le royaume et l'Église.
Certains de ces symboles ne peuvent être vus que pendant la cérémonie du couronnement, ou à la cour, ou sur les tableaux. Pour l'historien les images et les sculptures sont une source inestimable d'information sur le symbolisme.

La sacralisation du monarque lui permettait de prendre une certaine place dans le système du monde d'un homme médiéval. Ce système du monde était très différent du systeme d'aujourd'hui. Il contenait généralement beaucoup moins de connaissances, de liens de causalité, et la barrière de l'inconnu était tout près de l'homme, de son corps, des objets, des phénomènes naturels. Les croyances de ce qui se trouvait derrière cette barrière étaient basées sur des spéculations et des liens logiques déjà appris, c'est pourquoi les forces de la nature étaient anthropomorphes, on leur attribuait des motifs et des émotions humains. Ces opérations logiques de déduction caractérisées par un manque de données peuvent engendrer des images qui surprendraient fort l'homme moderne, des images qui sont pourtant assez cohérentes. Pour les monarques médiévaux, il etait également important d'appartenir à la famille royale et d'avoir la cérémonie de l'onction.

Les mondes dans lesquels un homme du Moyen Age existait peuvent être divisés en deux parties: le laïc et le religieux, le visible et l'invisible. Cette dualité commence à émerger plus clairement dans le conflit entre la monarchie et l'Église. Ces deux principes sont dans un équilibre difficile et délicat: le roi n'est, du point de vue de l'Église, que le premier de la congrégation, mais il possède la grâce spéciale de Dieu. Le pape, du point de vue du roi, est un souverain sur tous les chrétiens, mais c'est lui donne au roi le pouvoir sacré. Ainsi, dans un sens, chacun est le maître et l'esclave de l'autre. L'analyse de la figure royale, en tant que personne située à l'intersection du maximum de contextes, peut être l'un des moyens possibles pour obtenir les informations nécessaires sur la structure et le fonctionnement du champ symbolique de la politique, aussi bien pendant une période donnée qu'à travers les époques historiques.

On peut voir qu'au Moyen Age le système symbolique du pouvoir était plus "sain", dans le sens que l'espace d'action et l'espace de significations étaient plus proches. Une action politique importante recevait beaucoup de poids dans l'espace des opérations symboliques de la culture politique, et vice versa, les manipulations avec des symboles importants étaient lourdes de conséquences. Rien n'était "gonflé" ou forcé. On peut nommer cet état de choses l'intensité maximale des processus d'échange entre les deux domaines. Dans ce système le capital politique symbolique peut être défini comme une mesure de la coïncidence des différents espaces. Et si une fois de plus on se rappelle les conditions dans lesquelles les monarques régnaient au Moyen Age et si on compare ces conditions avec la richesse des médias modernes, la différence dans la quantité de capital symbolique est incroyable.



@темы: Вавилонская башня

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Комментарии
2014-01-20 в 00:54 

Зеленый А
гм.. твою мать..
в смысле - нереально круто))

   

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